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L’histoire des éditions Basique :
Arrivé en 2e année de médecine, je me retrouve frustré. Les polys de la fac sont une juxtaposition d’informations mal organisées, qui invite simplement à l’apprentissage brut comme en P1. En 3e année, tout le monde se lance dans les Collèges. Je n’ai pas de culture médicale particulière, c’est vite incompréhensible, je décroche toutes les trente secondes. J’essaie en 4e et 5e année de relancer mon intérêt. Je vais à tous les cours et je pars à la recherche d’autres documents. Je tombe sur les Parcours de soins de la HAS (PNDS), les Pas à Pas du Collège de pédiatrie, l’édition Comprendre avec les dossiers (CAD) et là miracle ! J’arrive à lire de la médecine facilement ! Un bon nombre de rattrapages en 5e année me forcent tout de même à plonger dans 2-3 gros Collèges pendant l’été (pédiatrie, néphrologie, médecine interne).
J’arrive donc en 6e année, le concours est en juin à l’époque, sans avoir ouvert les trois quarts des Collèges. Je réfléchis à une stratégie. Médecine consiste avant tout à prendre en charge des patients. L’essentiel du concours repose sur des cas cliniques. La réanimation, qui comprend tous les cas les plus graves, me permettra de faire un tour rapide du programme. Je passe trois mois, de septembre à novembre, sur le Collège de réanimation. Au concours blanc national de décembre, je suis classé 3200.
Que faire ensuite ? Je ne sais pas trop. Je tombe alors sur les VIDAL Recos, au gré d’une recherche internet. Je trouve ça idéal. Ça me permet de saisir rapidement les prises en charge. Je planche sur chacune des VIDAL Recos, une par une, pendant 3 mois et je sens que ça me donne un savoir pratique.
Reste à faire le screening rapide des Collèges pour voir les chapitres que je n’ai pas encore vus. La bonne nouvelle, c’est que la plupart de ces chapitres sont petits, avec une prise en charge limitée. J’ai ensuite 2 mois pour faire des cas cliniques. Je me souviens avoir « poussé » seulement les 40 derniers jours avant les ECNi de juin, en bossant jusqu’à 23h. Les résultats tombent. Surprise, je suis 542e.
Cela m’a conforté dans l’idée que lire les Collèges, faire des tours de chaque matière une par une, tourner plus de 6 000 pages, n’était pas la meilleure des méthodes. Que le mieux était d’avoir une idée globale de la médecine, et de structurer le savoir en identifiant bien les grandes pathologies chroniques, les grandes urgences, et les petits chapitres.
Au cours des 3 mois d’études des VIDAL Recos, j’ai posté un certain nombre de commentaires sur la version numérique des Recos sur le site vidal.fr. L’équipe rédactionnelle s’est demandé qui était ce premier grand fan, et m’a contacté. J’ai rencontré une équipe fort sympathique et pu travailler avec elle pendant 2 ans. Depuis ce temps, j’ai en tête qu’un nouveau type de support est possible. J’exerce maintenant comme psychiatre en intérim, et je peux me dégager du temps pour ce projet.
La logique des éditions Basique :
C’est un document pédagogique d’un genre nouveau, conçu pour combler une lacune : d’un côté les ouvrages de référence trop denses noient la compréhension, de l’autre des fiches trop brutes empêchent une lecture fluide.
Dans cette optique, il a semblé important d’aider l’étudiant à se représenter les cas, à imaginer les situations cliniques, à se mettre en situation. Cela correspond à un phénomène central dans l’apprentissage : la contextualisation. Si vous savez pourquoi une information est utile, à quoi elle sert, elle prend une signification particulière, qui l’ancre plus durablement en mémoire.
Un autre intérêt de ce document est de permettre à l’étudiant de faire un tour de piste rapide d’une matière. Ce « vol de reconnaissance » est très utile pour l’apprentissage, car il permet de cerner les contours du savoir, de faire des liens d’un chapitre à l’autre, et d’éviter la dispersion dans les détails. Cela revient à avoir une carte globale des connaissances et à mieux structurer le savoir. On peut illustrer ce point avec un exemple de la vie quotidienne : lorsqu’on va à un endroit que l’on ne connaît pas, l’aller nous semble souvent plus long que le retour. Cela vient du fait qu’à l’aller, on est en territoire inconnu : la découverte nécessite un effort cognitif important. Au retour on connait déjà le chemin, ça semble plus rapide.
C’est la même chose pour l’apprentissage : lorsqu’on ne dispose pas d’une vision d’ensemble, on avance à tâtons, ce qui rend le processus laborieux. En revanche, si on a une « carte » claire des connaissances, on gagne en efficacité et en sérénité.
Je pense également qu'une source majeure de stress des étudiants provient du sentiment d'être face à une tâche insurmontable. Des milliers de pages à connaitre, se sentir noyé, ne pas savoir comment s'y prendre. Je pense que la meilleur réponse est de leur donner rapidement une vision d'ensemble.
Quelques généralités sur le savoir médical :
La majeure partie des connaissances consiste à savoir quoi faire devant une situation. L’approche médicale suit une logique de décomposition : une pathologie est segmentée en différents degrés de gravité, auxquels correspondent des prises en charge spécifiques. On se rend compte alors qu’une représentation naturelle du savoir médical est sous forme d’arbres décisionnels.
Les arbres présentés ici ne couvrent pas l’ensemble du programme, mais il s’agit d’une sélection utile qui met l’accent sur les pathologies les plus courantes ayant fait l’objet de nombreuses recommandations — le cœur du savoir académique.
Rappelons également un principe fondamental dans la manière d’appréhender le savoir : il faut se focaliser sur ce qui est grave et sur ce qui est fréquent. Il faut mettre du contraste entre les différents chapitres et sélectionner ce qui est le plus important.
Essayez de vous représenter si ce que vous êtes en train d’apprendre correspond à une situation fréquente chez le médecin généraliste, une situation vue tous les jours aux urgences, ou bien à l’autre extrême, une situation connue par seulement 3 spécialistes en France.